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Menton est une commune française du département des Alpes-Maritimes et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, située à la frontière franco-italienne.
Ses habitants sont appelés les Mentonnais. Mentonasques est l’appellation traditionnelle (le suffixe -asque vient des anciens Ligures) et littéraire (Guillaume Apollinaire l’emploie).
Origine du nom
La ville est appelée Mentan en parler mentonasque ; le gentilé (singulier) est ou Mentounasc. En italien, le nom s’écrit Mentone (prononcé [Mentone]).
En niçois, on prononce Mentoun (Mentoun en graphie félibréenne, Mentun en graphie italianisante et Menton en graphie standard occitane) et le gentilé en dialecte mentonasque est u Mentounasc (pl.) (la forme indiquée par le dictionnaire de Georges Castellana), lu Mentounasc est du nissart). Le surnom (soubrenoum) des Mentonnais (toujours en niçois) est lu manja papié.
Mentona est une forme attestée en russe (de l’italien). Une église orthodoxe témoigne de la présence russe dans la région au tournant de 1900.
Géographie
Elle est située à la frontière italienne (la ville frontière du côté italien est Vintimille) et elle est surnommée « Perle de la France » (cette appellation est due au géographe Élisée Reclus dans sa Géographie universelle). La ville est ouverte sur la mer Méditerranée et possède un campanile.
Le citron est un des symboles de la ville de Menton puisqu’il s’agit de la seule région en France où, grâce à un incomparable microclimat, des citronniers fructifient ; depuis plus de soixante-dix ans, la fête du citron a ainsi lieu dans la ville. Elle se déroule entre les trois derniers week-ends de février.
Histoire
Vue de MentonLe site de Menton date du paléolithique et a été régulièrement habité depuis.
Particularité archéologique : il subsiste une section visible de la via Julia Augusta, (ancienne voie romaine qui reliait Vintimille à Nice-Cimiez) et à Rome, actuellement rue Longue, qui traverse la vieille ville, dans le prolongement de la via Aurelia.
C’est sur la colline de Pépin, à l’ouest de la ville actuelle, que se groupait sans doute l’agglomération primitive, autour de son château fondé sous l’impulsion du comte de Vintimille. La seigneurie de Puypin (Podium Pinum) échut avec celle de Menton au XIIIe siècle aux Vento, famille génoise qui y construisit un autre château : celui-ci donna naissance à la ville actuelle. La première mention de la ville date du 21 juillet 1262, dans le traité de paix entre Charles d'Anjou et Gênes. Sa position à la limite du comté provençal angevin et de la république de Gênes - qui revendiquait alors Monaco comme sa limite occidentale - en fait une position relativement convoitée.
Acquise en 1346 par Charles Grimaldi de Monaco, Menton resta sous la suzeraineté des princes monégasques (cf. la liste des seigneurs puis princes de Monaco) pendant cinq siècles, jusqu’en 1848, époque où elle se proclama Ville Libre avec sa voisine Roquebrune, en se plaçant sous la protection du roi de Sardaigne. Menton n’a jamais fait partie du comté de Nice historique.
Menton fut rattachée à la France durant la Révolution et le Premier Empire et fit alors partie du département des Alpes-Maritimes (qui incluait alors Monaco et Sanremo). Elle faisait partie de l’arrondissement de Sanremo.
La principauté de Monaco fut reconstituée en 1814 mais passa en 1815 sous le protectorat des rois de Sardaigne et les princes durent rendre l’hommage féodal pour Menton à ces rois — de façon anachronique (mais non pour Monaco proprement dit).
1848 fut l’année des révolutions en Europe et Menton fit sécession de la principauté de Monaco avec sa voisine Roquebrune. Il est vrai que le prince Florestan Ier de Monaco s’obstinait à percevoir une taxe sur l'exportation des citrons, principale ressource de la ville... Les deux cités se constituèrent alors en Villes libres et demandent la protection du Royaume de Sardaigne et sont administrées de fait par la maison de Savoie.
Ces deux villes libres devinrent françaises un an après le rattachement du comté de Nice en 1861. Au plébiscite organisé en 1861, Menton se prononça massivement en faveur du rattachement à la France. Napoléon III paya un dédommagement d’un montant de 4 millions de francs au prince Charles III de Monaco (pour les deux villes).
Les deux tiers de Menton furent annexés à l’Italie de l’été 1940 jusqu’au 8 septembre 1943 — où elle fut alors entièrement occupée par les Allemands jusqu’à la libération le 8 septembre 1944.
Classification du mentonasque
On considère généralement le mentonasque (nom du patois local) comme un parler gris de l’occitan, longtemps considéré comme plus proche du nissard parlé à Nice (et donc de l’occitan), que du ligure, parlé dans la vallée de la Roya et à Vintimille — mais cette opinion doit sans doute être moins tranchée, étant donné la grande proximité avec les dialectes ligures environnants (ceux parlés à Monaco, à Roquebrune-Cap-Martin, et surtout ceux dans la vallée de la Roya et de la Bévéra, à Pigna, à Vintimille et à Sanremo). Pour cette raison, certains linguistes, spécialistes des langues romanes, considèrent le mentonasque comme intermédiaire, proche de l’intemelio ou intémélien et du monégasque — l’existence d’une quasi enclave occitane littorale (parler gavot ou provençal maritime) limitée aux seules Roquebrune et Menton n’étant en fait soutenue, le plus souvent, qu’avec des arrières-pensées politico-linguistiques (étendre la zone de l’occitan, considéré comme prestigieux en raison de sa littérature, voire justifier a posteriori le rattachement à la France). Néanmoins, le provençal maritime (et le nissard, puis le français, ont influencé substantiellement le parler mentonasque (apocope généralisée, diphtongaison, vocabulaire) — ce qui fait qu’à l’oreille des traits occitans manifestes et récents caractérisent ce parler.
Lieux et monuments
Menton est classée ville d'art et d'histoire.
Basilique Saint-MichelBastion : à présent face à la mer, sur le port de Menton. Il fut construit en pleine mer alors, par les Princes de Monaco, comme défense avancée du port en 1636. Il abrite aujourd’hui le musée Jean Cocteau.
Casino.
Palais de Carnolès : ancienne demeure d'Antoine Ier de Monaco, aujourd'hui musée et principale collection d'agrumes de France.
Basilique Saint-Michel (ensemble baroque).
Mairie, peintures murales de la salle des mariages par Jean Cocteau.
Quartiers
Faubourg de Garavan, vieux bourg plaqué en corniche jusqu’à la frontière est surtout remarquable par les belles propriétés et les jardins somptueux qui les entourent. Les fruits exotiques y parviennent à maturité grâce à son climat, le plus tempéré de France.
Monti, hameau de Menton auquel on accède par l’une des plus jolies routes de l’arrière-pays vers Sospel.
Parcs et jardins
Parc du PianJardins de Biovès : face au casino ; célèbres lieux d’exposition de la Fête du Citron.
Jardin botanique du Val Rahmeh : créé en 1905 par Lord RadCliffe, propriété du Muséum national d'histoire naturelle.
Les Colombières : l'œuvre de Ferdinand Bac.
Fontana Rosa : le jardin de l'écrivain Blasco Ibáñez.
Parc du Pian : oliveraie dont certains spécimens sont millénaires.
Plateau Saint-Michel (camping municipal).
La Serre de la Madone : inventée par Lawrence Johnston, propriété du Conservatoire du littoral.
Villa Maria Serena : plantes tropicales ; propriété de la famille de Ferdinand de Lesseps jusqu'en 1923.
Plages
Garavan
Les Sablettes
Casino
Borrigo
Vallées
Vallée du Borrigo
Vallée du Careï
Val de Menton
Val de Gorbio
Vallée du Fossan
Villages de l'arrière-pays mentonnais
Castellar
Castillon
Gorbio
Sainte-Agnès
Sospel
Personnalités liées à la commune
Jean Cocteau a longtemps fréquenté Menton, Il y a d'ailleurs laissé son mémorial.
Webb Ellis, l'inventeur du rugby moderne, y a terminé sa vie et est enterré dans le vieux cimetière de la ville.
L'écrivain, Blasco Ibanez y séjourna longtemps dans sa propriété de Fontana Rosa.
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